TENDANCE PRODUIT : la Blockchain

La technologie qui veut ubériser Uber

Comment effectuer des transactions avec des inconnus en toute confiance ?

Comment stocker des informations sur internet en toute sécurité ?

Comment allons-nous utiliser internet dans le futur ?

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations. Elle permet à des individus qui ne se connaissent pas d’effectuer des transactions en toute confiance.

Comment ça fonctionne ?

Voici une vidéo explicative.

Cette technologie permet donc à des individus qui ne se connaissent pas d’effectuer des échanges, des ventes ou de conclure des contrats en se faisant confiance.
Chaque transaction, représentée par un bloc, doit être validée par des mineurs, qui vérifient que les deux personnes possèdent réellement ce qu’elles se proposent d’échanger. Ils étudient l’historique des transactions des individus contenues dans un registre.
=> La blockchain est donc transparente, infalsifiable, sécurisée, et fonctionne sans organe central de contrôle.
 
 

Les différents types possibles de la blockchain et leurs utilisations :


On remarque l’existence de plusieurs types de blockchains :

Les blockchains sous contrôle, aussi appelées de consortium et celles privées intéressent particulièrement les institutions financières puisqu’elles leur permettent de fonctionner à coûts réduits, en ayant une gouvernance simplifiée et donc plus rapide, tout en gardant le contrôle sur les transactions effectuées.
La blockchain a permis l’apparition de cryptomonnaies (des monnaies électroniques) comme le Bitcoin.
La blockchain permet également de conclure des contrats intelligents entre plusieurs personnes. Il s’agit de contrats qui s’exécutent automatiquement lorsque certains éléments sont réunis.

Quelques exemples d’usages par les Etats :

° La Suède travaille à la création d’une monnaie virtuelle, la e-krona.

° L’Estonie a mis en place un programme de nationalité numérique via la blockchain, permettant de signer des contrats de mariage, commerciaux ou des certificats de naissance.

° Le Ghana, le Honduras ou encore la Géorgie développent un système de cadastre via la blockchain pour réduire les conflits fonciers ou la corruption.

Domaines d’applications :

Location de particuliers à particuliers en direct :

La technologie de la blockchain promet de créer de nouveaux marchés et de nouvelles applications en mettant en relation les particuliers sans intermédiaire.
Parmi elles, on peut noter SlockIt qui se présente comme un « Uber killer » et « Air-Bnb killer ».
Elle rendra possible la location d’un logement de particulier pour la nuit en passant devant une porte connectée.

Grâce à l’application, l’utilisateur saura si le logement est disponible, il pourra connaître le prix de la nuitée, calculé en fonction des logements alentours, payer sur SlockIt et accéder au logement immédiatement. En partant, la porte pourra automatiquement commander une équipe de nettoyage pour rendre le logement à nouveau louable.

Le même principe pourrait être appliqué à la location de voitures, en payant uniquement les kms utilisés, ou encore la location de vélos, de casiers…


Secteur financier :


Paymium, une banque bitcoin

Ledger Wallet, qui propose des objets physiques pour stocker et sécuriser les bitcoins


Stockage, échange et sécurité des données :

Des applications comme Enigma, ou IPFS pour stocker des données et les partager en toute sécurité grâce à un cryptage, et qui donnent la possibilité de savoir qui les consulte à quel moment. Elles présentent un potentiel important dans le domaine de l’apprentissage.

Authentification de données :

Des applications pour ajouter des certificats aux documents, les horodater. Cela permet par exemple d’envoyer des photos aux assurances lors de dommages, sans déplacement d’un expert, ou de créer des copyrights pour les créations musicales et artistiques. On peut citer par exemple Woleet ou encore KeeeXProvenance quant à elle est une application permettant la traçabilité des produits, en particulier des produits de luxe pour limiter les contrefaçons.

Energie :

Avec la technologie de la blockchain, certains acteurs se lancent sur le marché en créant des mini smart grids (mini réseaux intelligents) pour permettre aux particuliers d’acheter de l’énergie à d’autres particuliers producteurs d’énergie à proximité de chez eux.

De nouveaux modèles d’entreprise

On remarque l’émergence de nouveaux modèles d’entreprises dirigés par des individus qui ne se connaissent pas, via des plateformes aussi simples d’utilisation que des réseaux sociaux. La société Colony facilite la création d’entreprises avec des inconnus sur toute la planète.

                                                                         

Chaque individu prenant part à une activité est rémunéré et obtient des points d’expérience, qui lui permettent ensuite d’avoir plus de poids dans les décisions prises.

Les limites et pistes de développement

Ecologiques : Le minage, nécessaire à la survie de la blockchain, consomme beaucoup d’électricité.
Lorsque la blockchain a été mise en place, il était facile de générer des bitcoins. Plus le temps passe, plus il y a de monnaie en circulation, et les calculs nécessaires pour valider les transactions et générer de la nouvelle monnaie sont de plus en plus compliqués et nécessitent plus de puissance.
Karl J.O’Dwyer et David Malone ont montré en 2014[1] que la consommation du réseau destiné au bitcoin était équivalente à la consommation électrique d’un pays comme l’Irlande.

Juridiques : les « smart contracts » ou contrats intelligents conclus via la blockchain ne sont pas encore considérés comme des contrats juridiques. Comme l’explique Primavera de Filippi, chercheuse au Cersa « un smart contract est un logiciel. Au vu de leur appellation, on a tendance à les assimiler à des contrats, mais ils n’ont pas en eux-mêmes d’autorité juridique. Lorsqu’un contrat juridique existe, le smart contract n’est qu’une application technique de ce contrat. »
La législation doit donc évoluer pour garantir la validité des smarts contracts en dehors de la blockchain.

Gestion de l’identité : Actuellement sur la blockchain publique, tout le monde est anonyme. Chaque individu dispose d’une clé publique, sorte de boîte aux lettres et d’une clé privée, sa signature. Pour les nouveaux usages proposés, il faudra permettre aux particuliers la récupération de la clé privée en cas de perte des identifiants, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Puissance de la blockchain : Avec la multiplication des applications utilisant la technologie blockchain, il faudra augmenter le nombre de transactions traitées par seconde.

A retenir :

  • La technologie blockchain est encore en cours de développement
  • Elle permet l’émergence de nouveaux modèles économiques
  • Elle permet déjà la protection et le stockage des données, ainsi que l’authenticité des documents envoyés, particulièrement utiles pour les professionnels.

 

[1] Karl J. O’Dwyer and David MaloneBitcoin mining and its energy footprint. 2014. Disponible en ligne à l’adresse suivante : https://karlodwyer.github.io/publications/pdf/bitcoin_KJOD_2014.pdf