TENDANCE PRODUIT : la voiture électrique

L’année 2016 est synonyme d’embellie pour le marché français des voitures particulières. La hausse des immatriculations de 2,5% en septembre 2016 (par rapport à septembre 2015) s’inscrit en effet dans une dynamique clairement positive pour le secteur.

Les voitures électriques, quant à elles, voient leurs immatriculations augmenter de 15% après une année 2015 record (+63%). Cette progression va-t-elle continuer ? Quid de la sous-traitance pour ce type de véhicules ?

Marché : les forces en présence

En France, le marché est plus que jamais dominé par la RENAULT Zoe. Il s’en est écoulé 10 406 en 2015, ce qui représente 60,4% de parts de marché.

En deuxième position nous retrouvons la NISSAN Leaf, avec 2 220 véhicules vendus pour 12,9% de parts de marché.

La BOLLORE Bluecar vient compléter le podium des voitures électriques les plus vendues dans l’hexagone, avec 1 166 exemplaires soit 6,8% de parts de marché.

La PEUGEOT iOn et la TESLA Model S arrivent en quatrième et cinquième positions avec respectivement 725 (4,2% de PDM) et 708 (4,1% de PDM) exemplaires vendus.

Plus de bornes électriques

Pour doper la montée en puissance des véhicules électriques, le groupe Bolloré a été désigné pour installer 16 000 bornes publiques d’ici 2020.

En outre, les premières entreprises qui se lanceront dans l’installation de bornes électriques seront exonérées de la redevance d’occupation de l’espace public. L’Etat en a même fait l’un des 34 plans de la France industrielle, dévoilés en septembre 2013. Via le programme d’investissements d’avenir, l’objectif est aussi d’inciter les collectivités locales à se lancer dans l’aventure, tout comme les acteurs privés (Bolloré ou l’alliance EDF/Renault/BMW).

Le groupe Bolloré a saisi l’occasion. Spécialiste de la batterie pour véhicule électrique avec sa filiale Blue Solutions, il développe aussi Autolib’ à Paris, des voitures électriques en libre-service. Il avait donc tout intérêt à ce que ce type de motorisation se développe pour devenir incontournable sur le secteur.

La loi sur la transition énergétique prévoit d’atteindre 7 millions de points de charge en 2030 (publics et privés). Plus raisonnable, la Commission européenne vise 97.000 bornes installées en 2020 dans l’Hexagone.

A ce jour, on compte en France 6 684 points de recharge (hors privé), pour 28 695 prises. Pour éviter les pannes, il faudrait une borne de recharge tous les 60 kilomètres, soit 15 800 pour les 950 000 kilomètres du réseau routier français.

Les performances des batteries en questions

Premier frein à l’achat pour ce type de véhicule, l’autonomie reste le nerf de la guerre pour les constructeurs. En effet les modèles entrée/milieu de gamme proposent une batterie dont la capacité ne dépasse pas les 190km sans être rechargée.

Sur le marché les seuls modèles à se démarquer sont la nouvelle RENAULT Zoe, tout juste lancée sur le marché avec ses 300km d’autonomie réelle, et les modèles TESLA (jusqu’à 550km d’autonomie annoncée) dont le prix reste cependant hors catégorie (jusqu’à 70 000€, contre 28 000€ pour la Zoe la plus chère).

Super bonus

Pour l’année 2017, le bonus écologique pour l’achat d’un véhicule électrique passera de 6 300 à 6 000 euros, avec une limite fixée à 27% du prix total de la voiture. En revanche le « superbonus écologique », pour le remplacement de tout véhicule diesel de plus de 10 ans, passera de 3 700 à 4 000 euros.

En ce qui concerne le crédit d’impôt de 30% pour l’installation d’une borne de recharge pour les particuliers, il était prévu jusqu’à fin 2016 et nous ne savons pas s’il sera reconduit ni sous quelle forme.

La voiture électrique grappille des parts de marché face aux voitures diesels et essences. Notamment grâce à des voitures attrayantes à des prix acceptables. Les différents bonus pour les voitures électriques accélèrent cette hausse des ventes. La clarification de l’utilisation des véhicules électriques et l’augmentation des bornes de recharge y participent également.

Un  nouveau modèle économique constructeurs <-> sous-traitants

Sur ce type de véhicules, la donne change pour les constructeurs. Jusqu’ici ces derniers voyaient leur principale valeur ajoutée se faire au niveau du moteur et de la transmission (75% du coût du véhicule), le reste étant sous-traité.

Or, pour les voitures électriques le moteur et la transmission ne représentent plus les mêmes proportions du coût final du véhicule. C’est pourquoi les constructeurs se concentrent désormais sur la maîtrise de la conception/ fabrication des batteries.

Pour les sous-traitants, les conséquences se font sentir. En effet leur part dans la production diminue, et cela ne va pas aller en s’arrangeant. Si pour le moment certains constructeurs font sous-traiter le moteur de leurs voitures électriques, la tendance évolue clairement vers la maîtrise de ces compétences. Pour les sous-traitants, il s’agira alors de ne pas rater le coche de la voiture connectée et de toutes ses applications possibles.